Option nordique & Little Italy
Vendredi dernier ou plutôt la nuit de vendredi à samedi fut une nuit hmmmmm…. De purs délices partagés. De retour dans les fêtes lyonnaises, j’étais les nerfs à vifs dûs à mes 3 semaines de retraits de la vie nocturne. Remontée à bloc, fermement décidée à ne laisser aucune testostérone m’échapper, je sortais vêtue d’une robe en maille couleur gris souris, sur un legging noir et des Derbys noires aux pieds. Je portais une veste Zadig & Voltaire en cuir marron en plus pour une touche rock supplémentaire.
Sur place, je retrouve un ancien amant, un suédois, tout simplement délicieux. De fil en aiguille de la soirée, nous nous sommes retrouvés tout les deux en boîte, lâchant tous nos amis à l’entrée où ils se sont faits refouler. L’alcool nous guidait, et nous nous sommes laissés aller à de langoureux baisers au milieu de tous les gays qui nous entouraient. J’aime sortir dans des endroits gays avec un hétéro. Je suis sûre de n’y croiser aucune rivale, ni de me faire trop emmerder et la musique est bonne.
Il est très difficile d’expliquer le sexe avec mon suédois. Il a une incomparable façon de vous prendre, mêlant à la fois tendresse, vigueur, rudesse, douceur. Ses baisers sont langoureux et pénétrant, vous laissant un premier goût de la suite sur vos lèvres. Il vous tire les cheveux, vous fait mal, et vous embrasse tendrement le cou. Puis sa langue longe vos courbes jusqu’au mont merveille. Il savoure et vous fait tout oublier. Puis, troublée, vous dégustez toute sa virilité entre vos lèvres, prenant soin de lui faire apercevoir la lune. Son souffle s’accélère à votre rythme, se calque à vos envies. Il vous domine, vous empoigne, vous brutalise, vous caresse, vous embrasse. Vous l’aimez d’un amour passioné, le désirez toute la nuit, et sa respiration bruyante emporte votre corps, et laisse votre peau se perler sous ses mains. Enfin, à bout de force, de souffle, vous vous endormez l’un contre l’autre, le tumulte des corps encore présent.
Je suis partie au petit matin. Je n’aime pas me réveiller auprès des hommes avec qui je baise. Je n’ai pas envie de me retrouver face à eux le matin, avec mon envie de café chaud, loin de tout bruit et de tout regard.
Du côté de l’Italie, mon cuisinier. Le compte à rebour poursuit son chemin et pourtant rien ne se passe comme je le voudrais. Lui, tentant de nous trouver des “points intellectuels communs” et moi, timide, farouche, troublée. Je le désire, je le veux. Mais je me rends compte que c’est un homme intelligent, fin et généreux et l’idée qu’il soit un homme respectable m’effraie. Il suffit de sentir son regard posé sur moi pour que je ne contrôle plus mes gestes. Je tiens mon pari, j’irai jusqu’au bout, sinon ce serait une défaite. Mais c’est difficile.
C’est quand? C’est conséquence…
Je suis célibataire. Mais je suis une célibataire active. Je suis une célibataire qui aime les hommes, qui mate leurs petits culs, leurs mains, leurs yeux, et qui cherche à deviner ce qu’ils ont dans le caleçon. Ooh je vous vois déjà imaginer une femme fatale, rouge à lèvres carmin, grosse bague, grande taille et regard fusil de chasse. Eloignez-vous de cette image car je ne suis rien de tout ça. J’ai 23 ans, mais j’en parais à peine 20, je fais moins d’ 1m60, et moins de 50 Kg. Je m’habille comme une étudiante, et j’ ai encore des attitudes d’ado. En tout cas, voyez comme les clichés peuvent nous éloigner de la réalité.
Je porte des talons hauts et j’aime ça. Je fume comme un pompier et j’adore ça. Mes petits airs de gamine majeure rassurent : je suis la femme enfant encore pure mais plus tout à fait sage. Celle que l’on peut allonger dans son lit et qui sera beaucoup plus active que l’on ne le croyait. Je n’ai aucun mal à faire croire ce que je veux à mes petits princes. Pour certains, je suis un peu effarouchée, celle qui est curieuse d’en savoir plus sur le sexe mais qui le touche du bout des doigts. Pour d’autres, je suis la croqueuse d’hommes, celle qui vous aimante, qui n’est ni une fille facile ni une mijorée, juste celle qui t’attire dans ses draps et te jette au lever du jour. J’aime ces multiples facettes parce que finalement chaque femme a ses deux tendances en elle bien qu’elle en censure une.
Voilà le dernier homme sur lequel j’ai posé mon dévolu. J’ai commencé un petit boulot comme ça de serveuse dans un petit restaurant italien. Il n’y a que trois hommes en plus de moi. Le cadre est idéal. J’avais d’abord apprécié le patron mais je l’ai trouvé finalement trop maigre à mon goût. Puis j’ai pénétré les cuisines… Le chef cuisinier est jeune, grand, dynamique… Il a les yeux rieurs et coquins. Mais il a surtout un dos et… Un petit cul de toute beauté! Je dois l’avoir dans ma liste.
Les femmes qui ont un peu observé la morphologie de leurs compagnon et l’ont ensuite comparée à leurs capacités sexuelles n’ont pas pu passer à côté du détail dont je vais parler : les mains d’un homme. Je m’explique. Les hommes qui ont des petites mains un peu vulgaires, rouges, abîmées et avec cinq petits boudins en guise de doigts seront plus fréquemment des mauvais amants. En effet ils seront moins entreprenants, plus grossiers dans leur façon de vous tourner, plus brute de décoffrage. Vos seins seront petris comme une vulgaire pâte à pain. Il vous missionera avant de vous arracher la moitié de votre chaire ventrale pour vous mettre sur le ventre. Ses va-et-vient seront rapides et secs, anguleux. Quant à son attaque personnelle sous votre nombril, ce sera des petits coups de langue rapides, il vous mouillera plus qu’il ne vous le fera faire. Sa nuque manquera le torticolis de justesse. Bref, vous baiserez certes, mais avec plus ou moins de satisfaction. Un homme qui a les mains longues, fines, légères et blanches n’emmène pas une femme à coup sûr à l’orgasme mais sait lui faire goûter la jouissance de près. Imaginez ces longs doigts qui vous pénètrent, vous caressent, vous chevauchent, vous frôlent. Il peut aller loin avec son majeur… Il est onduleux dans ses mouvements, vous fait glisser sur lui, sous lui, à genoux, assise. Sa langue est fraîche, souple et joueuse. Elle va, elle vient, elle revient, s’arrête, goûte, fait un duo extraordinaire avec un doigt. Un homme aux longues mains saura plus fréquemment faire jouir une femme avec son petit trésor aux 10 doigts.
Mon cuisinier a de longues et belles mains. Et il suffit que j’entre dans la cuisine et que je le vois s’affairer derrière ses fourneaux, voire son petit cul se déplacer dans l’espace, et ses mains s’agiter pour que je le vois déjà dans mon lit. Et tout à l’heure je l’entendais parler avec l’autre cuisinier d’accessoires. Notamment de menottes… Choses que je n’ai jamais tester! Alors évidemment je me fiche qu’il ait une femme, une petite amie ou juste une fuck body. Ce sont les premiers jours, je suis un peu timide mais je me suis fixée 1 mois de délai pour l’avoir. Un mois c’est long, j’ai été large.
He killed the Bee. Looking at me like I was naked…
On m’a surnommée the Bee. “On” = celui qui veut se marier avec moi. Il m’a appelée ainsi mais mon blondinet (le parisien!) a préféré me surnommer Butterfly. Quoiqu’il en soit, la définition reste la même. Je suis un petit insecte volant, butinant de mâle en mâle, et rapportant mon butin de ragôts à ma soeur. Moins joliment dit : je baise un tas de mecs et je raconte par le menu le moindre détail à ma soeur. Je suis d’une inconstance déconcertante, et pourtant je suis le joli petit insecte qui déguerpit au moindre geste brusque, qui intrigue, qu’on suit et qui fuit. Tous les petits garçons aiment capturer ces bêbêtes, les épingler à une feuille cartonnée Canson et les mettre en boîte derrière une petite vitre pour les brandir fièrement à leur mère. Leur mère… Non ça c’est un autre sujet!
Lui, celui qui veut se marier avec moi, est un piètre chasseur. Il a tout réussi… Presque tout réussi. Disons que d’un point de vue professionnel, il a fait un sans-faute désarmant. Il a été éduqué entre une mère catholique modeste et un père juif très riche (richissime était quand même exagéré). Autant dire que ce métissage explosif a fait de lui, outre un grand névrosé forcément, quelqu’un d’ouvert et profond. Et malgré un manque d’humour parfois affligeant, je dois reconnaître que c’est l’homme que l’on imagine parfaitement être très bien reçu dans la belle-famille en tant que gendre. Lui, je l’ai baisé. Je l’ai baisé pour de vrai et là je le baise pour de faux. Je m’explique.
Un soir de Février, je me décidai à sortir avec ma super copine pour boire un verre tranquillement. Direction un pub irlandais du vieux-lyon où ça sent bon la bière. Mais la soirée se présentait comme sobre, sans excès d’alcool. Pour ma copine et moi ça sentait donc plutôt le coca, enfin bon. Je me suis levée pour aller régler l’addition quand je marcha sur le pied d’un homme. Je m’excusais et la conversation s’engagea. Quelques cigarettes plus tard il me demandait un baiser. Ce goujat voulait m’embrasser! Et il insistait! Qu’à cela ne tienne, je lançai ” je t’embrasse si tu me rends saoule”. C’était sans compter sa témérité… Il me prit la main et au comptoir il commanda 2 pintes de bière brune avec un shooter de Bailey’s dedans. “Ok : si tu finis en premier tu ne m’embrasses pas”. Sous les yeux goguenards de barman, nous avons commencé à boire. J’ai horreur du Bailey’s. J’ai horreur de la Brune. J’ai fini la pinte alors qu’il n’en était qu’à la moitié. “Fuuuuuuck” siffla le barman. Mon adversaire manqua de s’étouffer. Moi j’avais des étoiles devant les yeux. Finalement nous avons fini dans un autre pub où je me suis rendue ivre à la liqueur de café. J’ai fini chez lui. Il vivait dans un magnifique loft : pour un étudiant, la situation peut être pire.
Il m’embrassait, me caressait. Puis dans un sursaut de lucidité me demanda : “mais que font tes parents dans la vie?”. Moi non plus je n’ai pas compris.
Nous avons baisé dans son lit, sagement. Rien de surprenant. Une baise comparable à un instant de manque d’inspiration dans votre rayon préféré au supermarché. Vous regardez tous ces emballages pensés pour vous faire saliver mais rien ne vous fait envie. Alors, histoire de dire, vous repartez avec une pizza surgelée et vous retournerez faire les courses un autre jour. Voilà. Le lendemain il m’a ramenée chez moi, il était tendu. Puis nous nous sommes revus quelques jours après et une histoire a commencé.
“Miss Bee”, c’était moi. Je le trompais. Quand je n’étais pas avec lui un soir, je couchais avec quelqu’un d’autre. Et quand j’étais avec lui, je lui avouais le plus naturellement qu’il soit que la veille j’avais baisé. Je me fichais de lui, de ses petits plats, de sa super famille mais je me racontais la tendresse. Lui il a cru que Miss Bee se calmerait dans ses bras. Mais en m’arrêtant sur sa fleur, j’ai vu qu’elle était fânée. Prise de nausées, je suis allée butiner d’autres pollens.
Lui, c’est l’autre. Lui c’est celui qui tue Miss Bee chaque fois qu’il apparait. Lui c’est celui qui rend Miss Bee une femme comme les autres. Lui, c’est le seul que Miss Bee n’a pas réussi à baiser. Et vous savez pourquoi je n’ai pas réussi? Parce qu’il était avec une autre fille. Ce qui d’habitude aurait décuplé mon orgasme, ce soir-là, l’adultère m’a rendue froide et sage. Je me suis refusée à lui malgré l’alcool, malgré ses regards, malgré ses mains sur mon pull… Malgré mon amour. Je le voyais déjà le lendemain, mal à l’aise, malheureux, culpabilisant et m’en voulant. Seulement Miss Bee veut rendre tous les hommes malheureux sauf un : Lui.
Se soumettre – Se cacher – Se regarder.
Je ne sais pas ce qu’est vivre en société dans un état de sobriété parfaite.
Les gens vous regardent, vous toisent. Ils parlent. J’ai peur d’eux.
Je n’ai plus peur quand je suis cachée derrière mon verre. Un mojito. Une coupe de champagne. Un whisky. Au bout de deux verres ils ne m’impressionnent plus. Je suis forte. J’ai de l’aisance. Au bout de trois verres je suis même belle. Au bout de quatre verres on m’adore. Et quand les bouteilles sont vides, je ris aux éclats, je suis drôle, et les verres continuent de se succéder. Je vole, je rêve, je discute, j’affronte. Et je baise même des fois. Le sexe est alors bon. Les tabous sont noyés. Mon corps boit une tasse de volupté.
Exquis.
Le réveil a mis des marteaux dans les draps. Il y a un homme à côté de moi qui m’apporte un café. Je vomis. Je rentre chez moi. Dans mon canapé, j’attends que la nuit revienne. La nuit est lâche. Elle se soumet au soleil. La nuit me cache. La nuit transforme les miroirs.
Me faire danser.
Il n’est pas très beau mais assez pour plaire aux filles. Il a de l’argent. Il rejoint chaque week-end son appartement rue poncelet du 17 ème arrondissement de Paris après une semaine éreintante de consultant. Il est envoyé en mission à Strasbourg ou Dubaï indifféremment et logé dans de somptueux hôtels. Puis dès vendredi soir, il rejoint ses amis dans un restaurant chic de son quartier, paye avec son american express, et sort au Pink Paradise dépenser encore de l’argent.
Lui, je l’ai baisé. Lui je l’ai fait tomber amoureux de moi. Lui, il a cru que je resterai à ses crochets. Mais lui, je l’ai quitté quand j’en ai eu marre. Et lui, je lui tends un piège.
Il m’a dit qu’il était passé à côté de certaines choses en se concentrant sur sa carrière. Il s’en rend compte maintenant qu’il a 27 ans et qu’il gagne bien sa vie. Mais maintenant, lui, il est prêt. Et ce qu’il voulait c’était laisser le choix à sa femme de travailler ou non.
Il a aimé se montrer avec moi dans ses soirées. Moi je passe bien perchée sur mes talons. Moi je suis élégante dans ma robe en soie. Moi je vis dans le quartier le plus cher de Lyon. Moi j’ai reçu l’éducation des religieuses à Paris. Moi, ses copains ils m’aiment bien, ils me trouvent jolie.
Moi je suis une garce.
Moi je suis une garce brisée.
Moi je suis une garce brisée qui s’en fout.
Moi, je suis une garce brisée, qui s’en fout, et quand elle l’aura piégé, elle l’attirera dans ses draps propres et le baisera jusqu’à ce qu’il s’endorme.
Il tombera amoureux encore. Je serai celle dont il ne pourra plus se passer. Il n’aura pas le temps d’aller voir ailleurs.
La pureté.
Ce matin avait commencé indifféremment des matins précédents : le réveil qui sonne, heureux d’être réveil, et de sonner si tôt, les quelques rayons de soleil qui s’invitent dans la chambre, les bruits familiers de ceux déjà levés. Elle devait se lever. Elle reculerait juste le réveil de cinq minutes encore. Elle attrapa son portable (divin réveil…). Message. Un. Lui.
“J’aurais dû t’écrire depuis longtemps. Pardon. Je n’avais pas compris. Chaque fois que je m’approchais, tu reculais.”
Combien de temps déjà? Un an et demi… 18 mois d’absence. 6 mois de silence. Cinq années à tenter d’oublier l’impossible. Cinq années à se voir au coup par coup, quelques heures. Et il suffisait d’une minute pour que tous les souvenirs resurgissent. Ce câlin furtif, ces regards, ces fuites, ses fuites, leurs fuites, cette déception, ces appels, ces départs, ces retours, cette soirée, ce resto, le lapsus, cette angoisse, cette place dans ce tramway ce jour là, ce bar, cette bouteille de vin ce jour d’anniversaire, cette fille, ces hommes… Les images se succédaient à la vitesse d’une pellicule de film.
Elle l’avait aimé peu à peu. Pas de coup de foudre, ni d’hystérie. Il s’était installé doucement au fond du coeur. Elle était partie à Paris et lui restait à Lyon. Ils se revoyaient souvent. Puis de moins en moins. Elle revint à Lyon. Il allait souvent à Nantes. Pour l’autre. L’autre qui le changeait. L’autre qui le volait. L’autre qui ne le rendait même pas heureux. Et elle qui l’aimait toujours.
Rien n’avait jamais empêché l’amour de rester. Elle baisait avec les hommes qui l’éloignaient de lui et aimait ceux qui l’en rapprochaient. Elle l’aimait dans son absence. Elle l’aimait dans sa présence. Elle l’aimait pour sa voix, pour ses mots, son esprit, sa beauté, son sourire, ses yeux bleus, sa gravité, ses engagements politiques, ses objections, ses réflexions. Elle l’aimait pour lui. Même quand il était revenu avec quelques kilos de trop, elle l’avait aimé. Même quand il avait amoureux de l’autre, elle l’avait aimé. Même quand il ne répondait pas, elle l’avait aimé.
Quand il l’a trahie, elle l’a aimé encore. Elle l’a haï aussi. Elle avait décidé de tout dire, tout avouer. Il était toujours avec l’autre. Qu’importe. Elle était malade. Malade de vie, malade de tristesse, malade de mélancolie. Les rues pleuraient. Les gens était une injure. Son sang glissait avec peine dans ses veines. Mal à la vie et lâcheté de la mort. Ses muscles s’étaient endormis dans un couffin de douleur et son esprit dans celui du tourment. Elle avait alors écrit. Elle lui avait écrit. Voilà combien elle l’aimait. Voilà combien il lui était impossible de l’oublier. Voilà comme il était le cheval de Troyes qu’elle emportait partout. Aujourd’hui cet amour pesait plus lourd qu’elle. Il était temps d’en finir. Envoyer. Envoyé.
Il l’avait lue. Il l’avait faire lire à l’autre. L’autre qui, dans un excès de rage l’avait insultée, elle. Elle qui voulait en finir n’avait plus répondu. Et lui, il avait écrit “Pardon, je t’écris demain pour t’expliquer” mais ne l’avait pas fait.
Il n’y avait pas d’amour plus pur sur Terre. Comment aimer quand on ne voit pas? Comment aimer quand on n’entend pas? Comment aimer quand il ne vous renvoie aucune image positive de vous? N’y a t’ il pas d’amour plus pur que celui où l’on n’attend rien en retour?
Ce matin avait commencé indifféremment des matins précédents : le réveil qui sonne, heureux d’être réveil, et de sonner si tôt, les quelques rayons de soleil qui s’invitent dans la chambre, les bruits familiers de ceux déjà levés. Elle devait se lever. Elle reculerait juste le réveil de cinq minutes encore. Elle attrapa son portable (divin réveil…). Message. Un. Lui.
Une rue. Une rencontre. Des années.
Il commençait à faire nuit. Elle sortait de l’appartement des Froncy. L’hiver s’était installé. Il faisait noir dans la rue tant la nuit était déjà profonde. Les passants hâtaient le pas aussi vite qu’ils le pouvaient. Un morosité constante s’échappait de chaque visage. Elle s’engagea dans le métro. Elle attendait sur le quai. La musique dans ses oreilles apaisait son impatience. Le métro rugit son arrivée de loin. Et les portes s’ouvrirent. Lui. C’était lui. Fuir? Affronter? Leurs visages se décomposèrent. Elle baissa la tête. Il la fixait. Il descendit du métro. Les gens autour la bousculèrent pour entrer. Ses pieds s’étaient enfoncés dans l’asphalte l’empêchant de faire le moindre pas. Il restait en face d’elle. Elle priait pour qu’il s’en aille. Le métro hurla son départ. Il restait là, lui. Le quai était désert sinon.
“- Pourquoi?
- …
- Toutes ces années.
- … (Elle hocha la tête)
- Où vas-tu?
- … (les larmes sont fugueuses)
- (un silence)
- … (elle le regarda)
- Pourquoi tu ne parles pas?
- Pourquoi tu n’as pas continué ton chemin?
- Parce que je ne t’ai pas vue depuis des années.
- Justement.
- Tu m’en veux toujours?
- …
- Elle m’a quittée pour “ça”
- On ne quitte pas quelqu’un parce qu’il est aimé ailleurs.
- Cette lettre…
- Tu l’aimes toujours?
- Je ne crois pas.
- Va t’en.
- Je ne voulais pas te trahir.
- Tu m’as trahie.
- Je ne pensais pas…
- Être un soldat au pas du caporal tyrannique?
- ???
- …
- Tu souffres toujours?”
Le métro rugit son arrivée de loin. Et les portes s’ouvrirent. Le mensonge ne parvenait pas à se frayer un chemin dans la gorge brûlée par la vérité. Car pire que murmurait “non”, il aurait fallu avouer “oui”.
Elle monta dans le métro. Les portes se refermèrent.
Il restait en face d’elle. Elle priait pour qu’il s’en aille. Le métro hurla son départ. Il restait là, lui. Le quai était désert sinon.
Les couples inexplicables.
N’avez vous jamais vu un couple si unis que l’imaginer désuni vous semblait chose impossible? Ne vous a- t’ il jamais semblé comme une évidence deux personnes formant un couple (excepté le vôtre peut-être)? Inversement, n’avez-vous jamais écarquillé les yeux devant un couple dont les deux protagonistes paraissaient si loin l’un de l’autre qu’il vous était alors impossible de se les imaginer satisfaits?
Cet après-midi je prenais un sirop de violette à la terrasse du 1900 rue Victor Hugo à Lyon avec ma soeur. Lorsque nous discutons elle et moi, nous avons pris l’habitude de laisser notre regard s’attarder sur les passants. Non seulement cette manie alimente nos conversations de nombreuses futilités mais elle nous permet aussi de laisser notre esprit critique s’exprimer farouchement. Assises donc à la terrasse de cette rue piétonne et très fréquentée le samedi après-midi, nous nous en donnions à coeur joie. Quand un couple vint s’installer à nos côtés. Ils devaient avoir entre 25 et 30 ans. Lui était assez grand, avait des épaules assez larges et portait une chemise Ralph Lauren rayée bleu ciel sur un jean et des Wayfarer noires. L’ élégance simple et décontractée du samedi tout en gardant une pointe branchée dans sa tenue. Elle portait une petite blouse blanche sur un short en coton bleu turquoise comme ce fut la mode cet été (excepté la couleur qu’elle avait choisie…). Sous sa blouse on voyait très bien son soutien gorge orange électrique. Un erreur de goût ultime je dirais. Le soutien-gorge aurait été blanc ou gris souris pâle, l’invitation était parfaite. Sinon elle aurait dû en mettre un de la même couleur que son short, sa panoplie aurait eu alors un côté originale et le soutien gorge serait devenu un accessoire bienvenu de sa tenue. Bref, un dérapage important à la gente féminine mais qui semblait lui échapper. J’ai mis ça sur le compte de la forme de fraîcheur qu’elle dégageait. Cette jeune femme avait pourtant l’air perdu, complètement dépassée par l’amour qui semblait la subjuguer. C’était l’anniversaire de Monsieur et elle lui tendit ses paquets. Elle lui avait offert un tablier de cuisine couleur chocolat acheté chez Zara. De toute évidence il rappelait un instant certain de complicité entre nos deux personnages. Lui semblait très content de son cadeau et il l’embrassa rapidement. Rien n’entravait à ce joli tableau ou du moins en surface car quelque chose clochait. Lui semblait d’une assurance tranquille, sans exagération, suivant son chemin et relativisant les petits problèmes. Mais elle, elle semblait coincée pour parler vulgairement. Je ne trouve pas de meilleurs qualificatifs. Je l’imaginais très bien observer son corps dans le miroir et se sentir mal dans sa peau, espérant dépasser une éducation un peu trop rigide, encore trop amoureuse de son père pour prendre du plaisir totalement avec un homme. Pourtant, Dieu sait combien elle avait l’air amoureuse de ce beau blond en face d’elle. Elle était prise au piège entre le désir de s’émanciper de son amour oedipien et celui d’être à la hauteur de cet homme amant et mari.
Durant leur déjeuner, aucun rire n’éclata, aucune discussion réelle ne se développa. Ils survolaient plusieurs sujets d’activités possible et terminèrent leur salade en 25 minutes. Puis ils s’en allèrent bras dessous, bras dessus, sourire aux lèvres certes, mais une distance était visible. Elle souffrirait. Elle souffrirait de le voir partir pour d’autres aventures plus dangereuses. Elle souffrirait de ne pas avoir su dépasser ses névroses et leurs conséquences.
En bref, son homme était malheureusement appétissant et il ne tarderait pas à y avoir une croqueuse pleine de névroses aussi qui le détournerait…
Le monde est injuste.
Parisien 2008, le blondinet inattendu.
J’ai passé toute la semaine dernière à arpenter les rues parisiennes. Mes amis étant pour la plupart là bas, j’y retourne fréquemment afin de me faire une petite cure affective non négligeable. Et Paris est la ville de mon coeur, celle qui m’a vu naître, grandir, partir, revenir. Paris m’a appris surtout à séduire. C’est une ville qui drague ses touristes, et attache à son coeur ses habitants. Ne parle-t’ on jamais de l’aigreur des parisiens? Mais comment ne pas l’être quand la jalouse plus belle ville du monde vous enchaîne à ses chevilles? Les parisiens sont prisonniers de leur plus fidèle maîtresse et se soumettent à ses caprices avec la plus sincère indulgence.
Parmi mes amis, il y a mon blondinet. Un ami rencontré quelques années plus tôt alors que j’entrais à la Sorbonne en sciences humaine et lui en sciences économiques. Nous travaillions dans la même entreprise pour financer nos chères études. Nous étions bons copains, prenions quelques cafés ensemble et malgré des idées politiques très éloignées, gardions un bon contact. Lui était avec sa copine depuis quelques années et moi avec mon copain depuis 2 ans. Autant dire que l’érotisme dans notre relation n’avait pas osé s’immiscer dans notre relation tant elle s’y serait sentie la plus grande intruse. Nous nous sommes un peu perdus de vue lorsque je suis partie vivre à Lyon, puis nous sommes revus au bout d’un an d’absence de nouvelles. Lui était redevenu célibataire, moi je l’étais depuis quelques temps déjà. Le temps d’un café aux Abbesses, nous avons échangé souvenirs, nouveautés, envies, avenir. Et nous nous sommes quittés aussi bons amis que nous nous étions retrouvés.
Je l’ai revu la semaine dernière donc.Le procédé de retrouvailles fût le même qu’à l’accoutumé. Un petit message posté sur son facebook (”Paris-Café-Abbesses?) et son appel suivit. Nous nous sommes revus à la terrasse du Saint Jean. Lui est arrivé avec un tee shirt imprimé “Al Capone – Nobody’s perfect”, ses Ray-Ban vissées sur le nez et sa mèche négligée blonde traversant son front et cachant son oeil droit. Comme d’habitude nous avions mille choses à nous raconter et prenions le temps de ne pas omettre certains détails croustillants. Il revenait d’Irlande ou l’alcool avait coulé à flots et moi de Corse où les vacances s’étaient bien achevées. Le temps est passé si vite que déjà je devais me rendre à un dîner organisé à Massy. La banlieue est ennuyeuse parce qu’elle nécessite de prendre le RER (prendre un taxi reviendrait trop cher), et que le RER c’est long, c’est sale, ça me fait peur. Mon cher Blondinet s’est donc proposé pour m’y amener en voiture. Il n’y avait pas de gain de temps particulier mais au moins j’étais tranquille. Nous sommes alors allés chercher sa voiture (une BMW rouge décapotable mais d’un vieux modèle) au garage et sommes partis. Mon Blondinet est un homme absolument adorable! Aussi lui ai-je promis de le remercier dignement la prochaine fois.
Le lendemain, je lui proposai d’aller prendre quelques verres le soir-même. J’avais ma soirée libre et était fermement décidée à m’enivrer comme il est bon de le faire. Je le retrouvai place de la Bastille à minuit passé, quand son dîner au restaurant fût achevé. Nous sommes allés dans un bar à vin derrière la Brasserie Boffinger. C’était un endroit cosy, où la lumière tamisée invitait aux confidences. Nous avons bu un verre de vin espagnol moelleux et fruité. Blondinet connaissait le patron, un petit homme à la barbe très grisonnante, vêtu d’un vieux tee-shirt et chaussé d’une paire de tongues qui criaient à l’usure. Il était lui aussi d’une grande gentillesse et même plutôt drôle. Les quelques clients sont peu à peu partis, l’heure avoisinait les 2 heures du matin et nous avons discuté tous les trois du corps des femmes, de nos poignées d’amour, et de tous les sujets que cette heure avancée de la nuit invite à aborder. Après avoir goûté un délicieux whisky de 18 ans d’âge, nous sommes partis en quête d’un endroit encore ouvert. Nous avons marché jusqu’à l’ Hôtel de Ville où seul l’Etincelle était ouvert. Nous avons commandé une bouteille de vin et somme repartis dans nos bavardages habituels. Ma tête commençait à tourner doucement. Les heures avançaient. Puis n’y tenant plus, la fatigue devenant trop insistante, je proposai de nous en aller. Il était déjà plus de 5 heures du matin et il me tardait de prendre un taxi et de rejoindre mon lit… Rue Saint Antoine, d’autres choses se décidèrent.
Mon Blondinet m’attrapa la main et m’attira contre lui. “J’ai envie de t’embrasser” murmura-t’ il. Je détournai la tête, lui offrant ma joue et refusai ses premières avances car je gardais à l’esprit que nous étions des amis. “Arrête! Tu as envie parce que l’on a trop bu, qu’il est tard, et qu’inévitablement cela joue sur nos désirs” lançai-je. Mais alors que je soutenais son regard bleu électrique, son visage se transforma. Il n’était plus l’ami, mais un corps désirable et désiré. Sa bouche était devenu érotique, et ses mains qui caressaient mon dos laissaient des frissons traverser mon corps. Je résistai encore mollement à ses avances. Mais l’idée de laisser ses baisers s’échapper devenait si insoutenable que nos bouches se rencontrèrent vite. Il m’enlaçait, m’embrassait, passait ses mains dans mes cheveux, et déjà l’excitation montait en moi. Nous avancions vers Bastille sans lâcher nos lèvres. “Tu ne vas pas rentrer à Vincennes maintenant” me demanda- t’ il. Bien sûr que j’allais rentrer, on allait s’inquiéter de mon absence! Excuse irrecevable qu’il balaya d’un grand éclat de rire. “Demain tu me verras dans ton lit, et ne saura plus comment tout cela est arrivé… Tu le regretteras” dis-je. “Demain je te verrai dans mon lit, et je ne serai pas mécontent de t’y voir”.
Nous avons pris un taxi dans la direction de chez lui. Nous nous embrassions avec fougue, avec envie. Arrivé chez lui, nous sommes vite allés dans sa chambre et je ne pris pas le temps de m’attarder sur la décoration tant l’envie de le sentir nu m’envahissait. Nous nous déshabillions mutuellement avec maladresse et avidité. Sa peau était douce, sans parfum particulier. Nos cheveux s’emmêlaient et se mêlaient à nos baisers. La sueur perlait sur nos peaux réceptives à la moindre caresse. L’une de ses mains vint se cacher entre mes jambes, et déjà ses doigts scrutaient mon intimité avec une telle agilité que mon désir se faisait de plus en plus fulgurant. Ma respiration se faisait si haletante, qu’il me semblait ne plus savoir respirer normalement. Mon blondinet embrassait mes seins, mon cou, mon ventre puis vint se perdre entre mes cuisses nerveuses de désir. J’en voulais encore et plus et plus encore. Je lui demandai entre deux souffles qu’il me dise ce qu’il voulait, tout ce qu’il voulait. Sentir son anatomie virile dans ma bouche me rendue folle de désir de le sentir en moi. Je prenais un plaisir incommensurable à m’occuper de lui et de son excitation. Il aimait ça et me le répétait, il aimait comme j’embrassais son atout majeur, comme je le caressais, l’emmenais à l’extase. Nos deux corps s’appelaient, se confondaient dans un plaisir commun démesuré. Nous nous sommes assoupis quelques minutes puis l’excitation refit surface plus violemment. Nous avons recommencé nos baisers et nos caresses avec plus de vigueur quelques courts instants.
Ce sont les minutes qui avançaient trop vite. Notre excitation restée inassouvie. Mais il était l’heure qu’il parte travailler, il était censé déjà être au bureau. Il se leva, son corps nu passa devant mes yeux. Je m’attardais sur ses fesses rebondies et musclées… Il me donna un dernier baiser et s’en alla.
J’ai quitté Paris le lendemain de cette matinée. Sans le revoir. Pourtant l’excitation est encore si vive qu’il me tarde de retourner achever ce moment de pure extase…
Mon blondinet, un ami, un amant inattendu…
Les aventures d’une célibataire Lyon-Paris. Introduction.
J’ai 23 ans, 19 amants à mon actif dont 3 histoires sérieuses.
Les avantages de fréquenter deux grandes villes de France sont nombreux. Sans passer par une énumération fastidieuse et ennuyeuse qui ne donnerait plus aucun suspens à ce qui pourrait suivre, je peux reconnaître tout de même qu’il est facile de rencontrer de nombreux hommes si différends les uns des autres que l’on vient vite à penser que l’on se mariera trop tôt pour connaître un panel étendu de tous les types de mâles qui valent le coup.
Je ne fais pas partie de ces jeunes femmes qui croient que chaque nouvelle aventure a le potentiel d’une romance éternelle. Ceci dit, je ne rejette pas l’idée de rencontrer l’Homme. Toutefois je ne laisse pas le temps me presser… Je sais à quel point la frustration me rongerait en voyant toutes ces testostérones gravir autour de moi!
Il faudra remercier (je l’espère) ma dernière aventure sexuelles qui m’a inspiré ce journal de bord. Je veux mes bavardages gênants, excitants, démesurés, doux, voraces, mordants… Inspirants?



