Les couples inexplicables.
N’avez vous jamais vu un couple si unis que l’imaginer désuni vous semblait chose impossible? Ne vous a- t’ il jamais semblé comme une évidence deux personnes formant un couple (excepté le vôtre peut-être)? Inversement, n’avez-vous jamais écarquillé les yeux devant un couple dont les deux protagonistes paraissaient si loin l’un de l’autre qu’il vous était alors impossible de se les imaginer satisfaits?
Cet après-midi je prenais un sirop de violette à la terrasse du 1900 rue Victor Hugo à Lyon avec ma soeur. Lorsque nous discutons elle et moi, nous avons pris l’habitude de laisser notre regard s’attarder sur les passants. Non seulement cette manie alimente nos conversations de nombreuses futilités mais elle nous permet aussi de laisser notre esprit critique s’exprimer farouchement. Assises donc à la terrasse de cette rue piétonne et très fréquentée le samedi après-midi, nous nous en donnions à coeur joie. Quand un couple vint s’installer à nos côtés. Ils devaient avoir entre 25 et 30 ans. Lui était assez grand, avait des épaules assez larges et portait une chemise Ralph Lauren rayée bleu ciel sur un jean et des Wayfarer noires. L’ élégance simple et décontractée du samedi tout en gardant une pointe branchée dans sa tenue. Elle portait une petite blouse blanche sur un short en coton bleu turquoise comme ce fut la mode cet été (excepté la couleur qu’elle avait choisie…). Sous sa blouse on voyait très bien son soutien gorge orange électrique. Un erreur de goût ultime je dirais. Le soutien-gorge aurait été blanc ou gris souris pâle, l’invitation était parfaite. Sinon elle aurait dû en mettre un de la même couleur que son short, sa panoplie aurait eu alors un côté originale et le soutien gorge serait devenu un accessoire bienvenu de sa tenue. Bref, un dérapage important à la gente féminine mais qui semblait lui échapper. J’ai mis ça sur le compte de la forme de fraîcheur qu’elle dégageait. Cette jeune femme avait pourtant l’air perdu, complètement dépassée par l’amour qui semblait la subjuguer. C’était l’anniversaire de Monsieur et elle lui tendit ses paquets. Elle lui avait offert un tablier de cuisine couleur chocolat acheté chez Zara. De toute évidence il rappelait un instant certain de complicité entre nos deux personnages. Lui semblait très content de son cadeau et il l’embrassa rapidement. Rien n’entravait à ce joli tableau ou du moins en surface car quelque chose clochait. Lui semblait d’une assurance tranquille, sans exagération, suivant son chemin et relativisant les petits problèmes. Mais elle, elle semblait coincée pour parler vulgairement. Je ne trouve pas de meilleurs qualificatifs. Je l’imaginais très bien observer son corps dans le miroir et se sentir mal dans sa peau, espérant dépasser une éducation un peu trop rigide, encore trop amoureuse de son père pour prendre du plaisir totalement avec un homme. Pourtant, Dieu sait combien elle avait l’air amoureuse de ce beau blond en face d’elle. Elle était prise au piège entre le désir de s’émanciper de son amour oedipien et celui d’être à la hauteur de cet homme amant et mari.
Durant leur déjeuner, aucun rire n’éclata, aucune discussion réelle ne se développa. Ils survolaient plusieurs sujets d’activités possible et terminèrent leur salade en 25 minutes. Puis ils s’en allèrent bras dessous, bras dessus, sourire aux lèvres certes, mais une distance était visible. Elle souffrirait. Elle souffrirait de le voir partir pour d’autres aventures plus dangereuses. Elle souffrirait de ne pas avoir su dépasser ses névroses et leurs conséquences.
En bref, son homme était malheureusement appétissant et il ne tarderait pas à y avoir une croqueuse pleine de névroses aussi qui le détournerait…
Le monde est injuste.
Parisien 2008, le blondinet inattendu.
J’ai passé toute la semaine dernière à arpenter les rues parisiennes. Mes amis étant pour la plupart là bas, j’y retourne fréquemment afin de me faire une petite cure affective non négligeable. Et Paris est la ville de mon coeur, celle qui m’a vu naître, grandir, partir, revenir. Paris m’a appris surtout à séduire. C’est une ville qui drague ses touristes, et attache à son coeur ses habitants. Ne parle-t’ on jamais de l’aigreur des parisiens? Mais comment ne pas l’être quand la jalouse plus belle ville du monde vous enchaîne à ses chevilles? Les parisiens sont prisonniers de leur plus fidèle maîtresse et se soumettent à ses caprices avec la plus sincère indulgence.
Parmi mes amis, il y a mon blondinet. Un ami rencontré quelques années plus tôt alors que j’entrais à la Sorbonne en sciences humaine et lui en sciences économiques. Nous travaillions dans la même entreprise pour financer nos chères études. Nous étions bons copains, prenions quelques cafés ensemble et malgré des idées politiques très éloignées, gardions un bon contact. Lui était avec sa copine depuis quelques années et moi avec mon copain depuis 2 ans. Autant dire que l’érotisme dans notre relation n’avait pas osé s’immiscer dans notre relation tant elle s’y serait sentie la plus grande intruse. Nous nous sommes un peu perdus de vue lorsque je suis partie vivre à Lyon, puis nous sommes revus au bout d’un an d’absence de nouvelles. Lui était redevenu célibataire, moi je l’étais depuis quelques temps déjà. Le temps d’un café aux Abbesses, nous avons échangé souvenirs, nouveautés, envies, avenir. Et nous nous sommes quittés aussi bons amis que nous nous étions retrouvés.
Je l’ai revu la semaine dernière donc.Le procédé de retrouvailles fût le même qu’à l’accoutumé. Un petit message posté sur son facebook (“Paris-Café-Abbesses?) et son appel suivit. Nous nous sommes revus à la terrasse du Saint Jean. Lui est arrivé avec un tee shirt imprimé “Al Capone – Nobody’s perfect”, ses Ray-Ban vissées sur le nez et sa mèche négligée blonde traversant son front et cachant son oeil droit. Comme d’habitude nous avions mille choses à nous raconter et prenions le temps de ne pas omettre certains détails croustillants. Il revenait d’Irlande ou l’alcool avait coulé à flots et moi de Corse où les vacances s’étaient bien achevées. Le temps est passé si vite que déjà je devais me rendre à un dîner organisé à Massy. La banlieue est ennuyeuse parce qu’elle nécessite de prendre le RER (prendre un taxi reviendrait trop cher), et que le RER c’est long, c’est sale, ça me fait peur. Mon cher Blondinet s’est donc proposé pour m’y amener en voiture. Il n’y avait pas de gain de temps particulier mais au moins j’étais tranquille. Nous sommes alors allés chercher sa voiture (une BMW rouge décapotable mais d’un vieux modèle) au garage et sommes partis. Mon Blondinet est un homme absolument adorable! Aussi lui ai-je promis de le remercier dignement la prochaine fois.
Le lendemain, je lui proposai d’aller prendre quelques verres le soir-même. J’avais ma soirée libre et était fermement décidée à m’enivrer comme il est bon de le faire. Je le retrouvai place de la Bastille à minuit passé, quand son dîner au restaurant fût achevé. Nous sommes allés dans un bar à vin derrière la Brasserie Boffinger. C’était un endroit cosy, où la lumière tamisée invitait aux confidences. Nous avons bu un verre de vin espagnol moelleux et fruité. Blondinet connaissait le patron, un petit homme à la barbe très grisonnante, vêtu d’un vieux tee-shirt et chaussé d’une paire de tongues qui criaient à l’usure. Il était lui aussi d’une grande gentillesse et même plutôt drôle. Les quelques clients sont peu à peu partis, l’heure avoisinait les 2 heures du matin et nous avons discuté tous les trois du corps des femmes, de nos poignées d’amour, et de tous les sujets que cette heure avancée de la nuit invite à aborder. Après avoir goûté un délicieux whisky de 18 ans d’âge, nous sommes partis en quête d’un endroit encore ouvert. Nous avons marché jusqu’à l’ Hôtel de Ville où seul l’Etincelle était ouvert. Nous avons commandé une bouteille de vin et somme repartis dans nos bavardages habituels. Ma tête commençait à tourner doucement. Les heures avançaient. Puis n’y tenant plus, la fatigue devenant trop insistante, je proposai de nous en aller. Il était déjà plus de 5 heures du matin et il me tardait de prendre un taxi et de rejoindre mon lit… Rue Saint Antoine, d’autres choses se décidèrent.
Mon Blondinet m’attrapa la main et m’attira contre lui. “J’ai envie de t’embrasser” murmura-t’ il. Je détournai la tête, lui offrant ma joue et refusai ses premières avances car je gardais à l’esprit que nous étions des amis. “Arrête! Tu as envie parce que l’on a trop bu, qu’il est tard, et qu’inévitablement cela joue sur nos désirs” lançai-je. Mais alors que je soutenais son regard bleu électrique, son visage se transforma. Il n’était plus l’ami, mais un corps désirable et désiré. Sa bouche était devenu érotique, et ses mains qui caressaient mon dos laissaient des frissons traverser mon corps. Je résistai encore mollement à ses avances. Mais l’idée de laisser ses baisers s’échapper devenait si insoutenable que nos bouches se rencontrèrent vite. Il m’enlaçait, m’embrassait, passait ses mains dans mes cheveux, et déjà l’excitation montait en moi. Nous avancions vers Bastille sans lâcher nos lèvres. “Tu ne vas pas rentrer à Vincennes maintenant” me demanda- t’ il. Bien sûr que j’allais rentrer, on allait s’inquiéter de mon absence! Excuse irrecevable qu’il balaya d’un grand éclat de rire. “Demain tu me verras dans ton lit, et ne saura plus comment tout cela est arrivé… Tu le regretteras” dis-je. “Demain je te verrai dans mon lit, et je ne serai pas mécontent de t’y voir”.
Nous avons pris un taxi dans la direction de chez lui. Nous nous embrassions avec fougue, avec envie. Arrivé chez lui, nous sommes vite allés dans sa chambre et je ne pris pas le temps de m’attarder sur la décoration tant l’envie de le sentir nu m’envahissait. Nous nous déshabillions mutuellement avec maladresse et avidité. Sa peau était douce, sans parfum particulier. Nos cheveux s’emmêlaient et se mêlaient à nos baisers. La sueur perlait sur nos peaux réceptives à la moindre caresse. L’une de ses mains vint se cacher entre mes jambes, et déjà ses doigts scrutaient mon intimité avec une telle agilité que mon désir se faisait de plus en plus fulgurant. Ma respiration se faisait si haletante, qu’il me semblait ne plus savoir respirer normalement. Mon blondinet embrassait mes seins, mon cou, mon ventre puis vint se perdre entre mes cuisses nerveuses de désir. J’en voulais encore et plus et plus encore. Je lui demandai entre deux souffles qu’il me dise ce qu’il voulait, tout ce qu’il voulait. Sentir son anatomie virile dans ma bouche me rendue folle de désir de le sentir en moi. Je prenais un plaisir incommensurable à m’occuper de lui et de son excitation. Il aimait ça et me le répétait, il aimait comme j’embrassais son atout majeur, comme je le caressais, l’emmenais à l’extase. Nos deux corps s’appelaient, se confondaient dans un plaisir commun démesuré. Nous nous sommes assoupis quelques minutes puis l’excitation refit surface plus violemment. Nous avons recommencé nos baisers et nos caresses avec plus de vigueur quelques courts instants.
Ce sont les minutes qui avançaient trop vite. Notre excitation restée inassouvie. Mais il était l’heure qu’il parte travailler, il était censé déjà être au bureau. Il se leva, son corps nu passa devant mes yeux. Je m’attardais sur ses fesses rebondies et musclées… Il me donna un dernier baiser et s’en alla.
J’ai quitté Paris le lendemain de cette matinée. Sans le revoir. Pourtant l’excitation est encore si vive qu’il me tarde de retourner achever ce moment de pure extase…
Mon blondinet, un ami, un amant inattendu…
Les aventures d’une célibataire Lyon-Paris. Introduction.
J’ai 23 ans, 19 amants à mon actif dont 3 histoires sérieuses.
Les avantages de fréquenter deux grandes villes de France sont nombreux. Sans passer par une énumération fastidieuse et ennuyeuse qui ne donnerait plus aucun suspens à ce qui pourrait suivre, je peux reconnaître tout de même qu’il est facile de rencontrer de nombreux hommes si différends les uns des autres que l’on vient vite à penser que l’on se mariera trop tôt pour connaître un panel étendu de tous les types de mâles qui valent le coup.
Je ne fais pas partie de ces jeunes femmes qui croient que chaque nouvelle aventure a le potentiel d’une romance éternelle. Ceci dit, je ne rejette pas l’idée de rencontrer l’Homme. Toutefois je ne laisse pas le temps me presser… Je sais à quel point la frustration me rongerait en voyant toutes ces testostérones gravir autour de moi!
Il faudra remercier (je l’espère) ma dernière aventure sexuelles qui m’a inspiré ce journal de bord. Je veux mes bavardages gênants, excitants, démesurés, doux, voraces, mordants… Inspirants?