Parisien 2008, le blondinet inattendu.
J’ai passé toute la semaine dernière à arpenter les rues parisiennes. Mes amis étant pour la plupart là bas, j’y retourne fréquemment afin de me faire une petite cure affective non négligeable. Et Paris est la ville de mon coeur, celle qui m’a vu naître, grandir, partir, revenir. Paris m’a appris surtout à séduire. C’est une ville qui drague ses touristes, et attache à son coeur ses habitants. Ne parle-t’ on jamais de l’aigreur des parisiens? Mais comment ne pas l’être quand la jalouse plus belle ville du monde vous enchaîne à ses chevilles? Les parisiens sont prisonniers de leur plus fidèle maîtresse et se soumettent à ses caprices avec la plus sincère indulgence.
Parmi mes amis, il y a mon blondinet. Un ami rencontré quelques années plus tôt alors que j’entrais à la Sorbonne en sciences humaine et lui en sciences économiques. Nous travaillions dans la même entreprise pour financer nos chères études. Nous étions bons copains, prenions quelques cafés ensemble et malgré des idées politiques très éloignées, gardions un bon contact. Lui était avec sa copine depuis quelques années et moi avec mon copain depuis 2 ans. Autant dire que l’érotisme dans notre relation n’avait pas osé s’immiscer dans notre relation tant elle s’y serait sentie la plus grande intruse. Nous nous sommes un peu perdus de vue lorsque je suis partie vivre à Lyon, puis nous sommes revus au bout d’un an d’absence de nouvelles. Lui était redevenu célibataire, moi je l’étais depuis quelques temps déjà. Le temps d’un café aux Abbesses, nous avons échangé souvenirs, nouveautés, envies, avenir. Et nous nous sommes quittés aussi bons amis que nous nous étions retrouvés.
Je l’ai revu la semaine dernière donc.Le procédé de retrouvailles fût le même qu’à l’accoutumé. Un petit message posté sur son facebook (”Paris-Café-Abbesses?) et son appel suivit. Nous nous sommes revus à la terrasse du Saint Jean. Lui est arrivé avec un tee shirt imprimé “Al Capone – Nobody’s perfect”, ses Ray-Ban vissées sur le nez et sa mèche négligée blonde traversant son front et cachant son oeil droit. Comme d’habitude nous avions mille choses à nous raconter et prenions le temps de ne pas omettre certains détails croustillants. Il revenait d’Irlande ou l’alcool avait coulé à flots et moi de Corse où les vacances s’étaient bien achevées. Le temps est passé si vite que déjà je devais me rendre à un dîner organisé à Massy. La banlieue est ennuyeuse parce qu’elle nécessite de prendre le RER (prendre un taxi reviendrait trop cher), et que le RER c’est long, c’est sale, ça me fait peur. Mon cher Blondinet s’est donc proposé pour m’y amener en voiture. Il n’y avait pas de gain de temps particulier mais au moins j’étais tranquille. Nous sommes alors allés chercher sa voiture (une BMW rouge décapotable mais d’un vieux modèle) au garage et sommes partis. Mon Blondinet est un homme absolument adorable! Aussi lui ai-je promis de le remercier dignement la prochaine fois.
Le lendemain, je lui proposai d’aller prendre quelques verres le soir-même. J’avais ma soirée libre et était fermement décidée à m’enivrer comme il est bon de le faire. Je le retrouvai place de la Bastille à minuit passé, quand son dîner au restaurant fût achevé. Nous sommes allés dans un bar à vin derrière la Brasserie Boffinger. C’était un endroit cosy, où la lumière tamisée invitait aux confidences. Nous avons bu un verre de vin espagnol moelleux et fruité. Blondinet connaissait le patron, un petit homme à la barbe très grisonnante, vêtu d’un vieux tee-shirt et chaussé d’une paire de tongues qui criaient à l’usure. Il était lui aussi d’une grande gentillesse et même plutôt drôle. Les quelques clients sont peu à peu partis, l’heure avoisinait les 2 heures du matin et nous avons discuté tous les trois du corps des femmes, de nos poignées d’amour, et de tous les sujets que cette heure avancée de la nuit invite à aborder. Après avoir goûté un délicieux whisky de 18 ans d’âge, nous sommes partis en quête d’un endroit encore ouvert. Nous avons marché jusqu’à l’ Hôtel de Ville où seul l’Etincelle était ouvert. Nous avons commandé une bouteille de vin et somme repartis dans nos bavardages habituels. Ma tête commençait à tourner doucement. Les heures avançaient. Puis n’y tenant plus, la fatigue devenant trop insistante, je proposai de nous en aller. Il était déjà plus de 5 heures du matin et il me tardait de prendre un taxi et de rejoindre mon lit… Rue Saint Antoine, d’autres choses se décidèrent.
Mon Blondinet m’attrapa la main et m’attira contre lui. “J’ai envie de t’embrasser” murmura-t’ il. Je détournai la tête, lui offrant ma joue et refusai ses premières avances car je gardais à l’esprit que nous étions des amis. “Arrête! Tu as envie parce que l’on a trop bu, qu’il est tard, et qu’inévitablement cela joue sur nos désirs” lançai-je. Mais alors que je soutenais son regard bleu électrique, son visage se transforma. Il n’était plus l’ami, mais un corps désirable et désiré. Sa bouche était devenu érotique, et ses mains qui caressaient mon dos laissaient des frissons traverser mon corps. Je résistai encore mollement à ses avances. Mais l’idée de laisser ses baisers s’échapper devenait si insoutenable que nos bouches se rencontrèrent vite. Il m’enlaçait, m’embrassait, passait ses mains dans mes cheveux, et déjà l’excitation montait en moi. Nous avancions vers Bastille sans lâcher nos lèvres. “Tu ne vas pas rentrer à Vincennes maintenant” me demanda- t’ il. Bien sûr que j’allais rentrer, on allait s’inquiéter de mon absence! Excuse irrecevable qu’il balaya d’un grand éclat de rire. “Demain tu me verras dans ton lit, et ne saura plus comment tout cela est arrivé… Tu le regretteras” dis-je. “Demain je te verrai dans mon lit, et je ne serai pas mécontent de t’y voir”.
Nous avons pris un taxi dans la direction de chez lui. Nous nous embrassions avec fougue, avec envie. Arrivé chez lui, nous sommes vite allés dans sa chambre et je ne pris pas le temps de m’attarder sur la décoration tant l’envie de le sentir nu m’envahissait. Nous nous déshabillions mutuellement avec maladresse et avidité. Sa peau était douce, sans parfum particulier. Nos cheveux s’emmêlaient et se mêlaient à nos baisers. La sueur perlait sur nos peaux réceptives à la moindre caresse. L’une de ses mains vint se cacher entre mes jambes, et déjà ses doigts scrutaient mon intimité avec une telle agilité que mon désir se faisait de plus en plus fulgurant. Ma respiration se faisait si haletante, qu’il me semblait ne plus savoir respirer normalement. Mon blondinet embrassait mes seins, mon cou, mon ventre puis vint se perdre entre mes cuisses nerveuses de désir. J’en voulais encore et plus et plus encore. Je lui demandai entre deux souffles qu’il me dise ce qu’il voulait, tout ce qu’il voulait. Sentir son anatomie virile dans ma bouche me rendue folle de désir de le sentir en moi. Je prenais un plaisir incommensurable à m’occuper de lui et de son excitation. Il aimait ça et me le répétait, il aimait comme j’embrassais son atout majeur, comme je le caressais, l’emmenais à l’extase. Nos deux corps s’appelaient, se confondaient dans un plaisir commun démesuré. Nous nous sommes assoupis quelques minutes puis l’excitation refit surface plus violemment. Nous avons recommencé nos baisers et nos caresses avec plus de vigueur quelques courts instants.
Ce sont les minutes qui avançaient trop vite. Notre excitation restée inassouvie. Mais il était l’heure qu’il parte travailler, il était censé déjà être au bureau. Il se leva, son corps nu passa devant mes yeux. Je m’attardais sur ses fesses rebondies et musclées… Il me donna un dernier baiser et s’en alla.
J’ai quitté Paris le lendemain de cette matinée. Sans le revoir. Pourtant l’excitation est encore si vive qu’il me tarde de retourner achever ce moment de pure extase…
Mon blondinet, un ami, un amant inattendu…