Option nordique & Little Italy

septembre 25, 2008 at 10:06 (Uncategorized)

Vendredi dernier ou plutôt la nuit de vendredi à samedi fut une nuit hmmmmm…. De purs délices partagés. De retour dans les fêtes lyonnaises, j’étais les nerfs à vifs dûs à mes 3 semaines de retraits de la vie nocturne. Remontée à bloc, fermement décidée à ne laisser aucune testostérone m’échapper, je sortais vêtue d’une robe en maille couleur gris souris, sur un legging noir et des Derbys noires aux pieds. Je portais une veste Zadig & Voltaire en cuir marron en plus pour une touche rock supplémentaire.

Sur place, je retrouve un ancien amant, un suédois, tout simplement délicieux. De fil en aiguille de la soirée, nous nous sommes retrouvés tout les deux en boîte, lâchant tous nos amis à l’entrée où ils se sont faits refouler.  L’alcool nous guidait, et nous nous sommes laissés aller à de langoureux baisers  au milieu de tous les gays qui nous entouraient. J’aime sortir dans des endroits gays avec un hétéro. Je suis sûre de n’y croiser aucune rivale, ni de me faire trop emmerder et la musique est bonne.

Il est très difficile d’expliquer le sexe avec mon suédois. Il a une incomparable façon de vous prendre, mêlant à la fois tendresse, vigueur, rudesse, douceur. Ses baisers sont langoureux et pénétrant, vous laissant un premier goût de la suite sur vos lèvres. Il vous tire les cheveux, vous fait mal, et vous embrasse tendrement le cou. Puis sa langue longe vos courbes jusqu’au mont merveille. Il savoure et vous fait tout oublier. Puis, troublée, vous dégustez toute sa virilité entre vos lèvres, prenant soin de lui faire apercevoir la lune. Son souffle s’accélère à votre rythme, se calque à vos envies. Il vous domine, vous empoigne, vous brutalise, vous caresse, vous embrasse. Vous l’aimez d’un amour passioné, le désirez toute la nuit, et sa respiration bruyante emporte votre corps, et laisse votre peau se perler sous ses mains. Enfin, à bout de force, de souffle, vous vous endormez l’un contre l’autre, le tumulte des corps encore présent.

Je suis partie au petit matin. Je n’aime pas me réveiller auprès des hommes avec qui je baise. Je n’ai pas envie de me retrouver face à eux le matin, avec mon envie de café chaud, loin de tout bruit et de tout regard.

Du côté de l’Italie, mon cuisinier. Le compte à rebour poursuit son chemin et pourtant rien ne se passe comme je le voudrais. Lui, tentant de nous trouver des “points intellectuels communs” et moi, timide, farouche, troublée. Je le désire, je le veux. Mais je me rends compte que c’est un homme intelligent, fin et généreux et l’idée qu’il soit un homme respectable m’effraie. Il suffit de sentir son regard posé sur moi pour que je ne contrôle plus mes gestes. Je tiens mon pari, j’irai jusqu’au bout, sinon ce serait une défaite. Mais c’est difficile.

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C’est quand? C’est conséquence…

septembre 15, 2008 at 10:06 (Uncategorized)

        Je suis célibataire. Mais je suis une célibataire active. Je suis une célibataire qui aime les hommes, qui mate leurs petits culs, leurs mains, leurs yeux, et qui cherche à deviner ce qu’ils ont dans le caleçon. Ooh je vous vois déjà imaginer une femme fatale, rouge à lèvres carmin, grosse bague, grande taille et regard fusil de chasse. Eloignez-vous de cette image car je ne suis rien de tout ça. J’ai 23 ans, mais j’en parais à peine 20, je fais moins d’ 1m60, et moins de 50 Kg. Je m’habille comme une étudiante, et j’ ai encore des attitudes d’ado. En tout cas, voyez comme les clichés peuvent nous éloigner de la réalité. 

Je porte des talons hauts et j’aime ça. Je fume comme un pompier et j’adore ça. Mes petits airs de gamine majeure rassurent : je suis la femme enfant encore pure mais plus tout à fait sage. Celle que l’on peut allonger dans son lit et qui sera beaucoup plus active que l’on ne le croyait. Je n’ai aucun mal à faire croire ce que je veux à mes petits princes. Pour certains, je suis un peu effarouchée, celle qui est curieuse d’en savoir plus sur le sexe mais qui le touche du bout des doigts. Pour d’autres, je suis la croqueuse d’hommes, celle qui vous aimante, qui n’est ni une fille facile ni une mijorée, juste celle qui t’attire dans ses draps et te jette au lever du jour. J’aime ces multiples facettes parce que finalement chaque femme a ses deux tendances en elle bien qu’elle en censure une. 

Voilà le dernier homme sur lequel j’ai posé mon dévolu. J’ai commencé un petit boulot comme ça de serveuse dans un petit restaurant italien. Il n’y a que trois hommes en plus de moi. Le cadre est idéal. J’avais d’abord apprécié le patron mais je l’ai trouvé finalement trop maigre à mon goût. Puis j’ai pénétré les cuisines… Le chef cuisinier est jeune, grand, dynamique… Il a les yeux rieurs et coquins. Mais il a surtout un dos et… Un petit cul de toute beauté! Je dois l’avoir dans ma liste.

Les femmes qui ont un peu observé la morphologie de leurs compagnon et l’ont ensuite comparée à leurs capacités sexuelles n’ont pas pu passer à côté du détail dont je vais parler : les mains d’un homme. Je m’explique. Les hommes qui ont des petites mains un peu vulgaires, rouges, abîmées et avec cinq petits boudins en guise de doigts seront plus fréquemment des mauvais amants. En effet ils seront moins entreprenants, plus grossiers dans leur façon de vous tourner, plus brute de décoffrage. Vos seins seront petris comme une vulgaire pâte à pain. Il vous missionera avant de vous arracher la moitié de votre chaire ventrale pour vous mettre sur le ventre. Ses va-et-vient seront rapides et secs, anguleux. Quant à son attaque personnelle sous votre nombril, ce sera des petits coups de langue rapides, il vous mouillera plus qu’il ne vous le fera faire. Sa nuque manquera le torticolis de justesse. Bref, vous baiserez certes, mais avec plus ou moins de satisfaction.                                                                                                                           Un homme qui a les mains longues, fines, légères et blanches n’emmène pas une femme à coup sûr à l’orgasme mais sait lui faire goûter la jouissance de près. Imaginez ces longs doigts qui vous pénètrent, vous caressent, vous chevauchent, vous frôlent. Il peut aller loin avec son majeur… Il est onduleux dans ses mouvements, vous fait glisser sur lui, sous lui, à genoux, assise. Sa langue est fraîche, souple et joueuse. Elle va, elle vient, elle revient, s’arrête, goûte, fait un duo extraordinaire avec un doigt. Un homme aux longues mains saura plus fréquemment faire jouir une femme avec son petit trésor aux 10 doigts.

Mon cuisinier a de longues et belles mains. Et il suffit que j’entre dans la cuisine et que je le vois s’affairer derrière ses fourneaux, voire son petit cul se déplacer dans l’espace, et ses mains s’agiter pour que je le vois déjà dans mon lit. Et tout à l’heure je l’entendais parler avec l’autre cuisinier d’accessoires. Notamment de menottes… Choses que je n’ai jamais tester! Alors évidemment je me fiche qu’il ait une femme, une petite amie ou juste une fuck body. Ce sont les premiers jours, je suis un peu timide mais je me suis fixée 1 mois de délai pour l’avoir. Un mois c’est long, j’ai été large.

 

J – 30. Le compte à rebours est lancé. ;)

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He killed the Bee. Looking at me like I was naked…

septembre 15, 2008 at 9:14 (Uncategorized)

                On m’a surnommée the Bee. “On” = celui qui veut se marier avec moi. Il m’a appelée ainsi mais mon blondinet (le parisien!) a préféré me surnommer Butterfly. Quoiqu’il en soit, la définition reste la même. Je suis un petit insecte volant, butinant de mâle en mâle, et rapportant mon butin de ragôts à ma soeur. Moins joliment dit : je baise un tas de mecs et je raconte par le menu le moindre détail à ma soeur. Je suis d’une inconstance déconcertante, et pourtant je suis le joli petit insecte qui déguerpit au moindre geste brusque, qui intrigue, qu’on suit et qui fuit. Tous les petits garçons aiment capturer ces bêbêtes, les épingler à une feuille cartonnée Canson et les mettre en boîte derrière une petite vitre pour les brandir fièrement à leur mère. Leur mère… Non ça c’est un autre sujet!

Lui, celui qui veut se marier avec moi, est un piètre chasseur. Il a tout réussi… Presque tout réussi. Disons que d’un point de vue professionnel, il a fait un sans-faute désarmant. Il a été éduqué entre une mère catholique modeste et un père juif très riche (richissime était quand même exagéré). Autant dire que ce métissage explosif a fait de lui, outre un grand névrosé forcément, quelqu’un d’ouvert et profond. Et malgré un manque d’humour parfois affligeant, je dois reconnaître que c’est l’homme que l’on imagine parfaitement être très bien reçu dans la belle-famille en tant que gendre. Lui, je l’ai baisé. Je l’ai baisé pour de vrai et là je le baise pour de faux. Je m’explique.

Un soir de Février, je me décidai à sortir avec ma super copine pour boire un verre tranquillement. Direction un pub irlandais du vieux-lyon où ça sent bon la bière. Mais la soirée se présentait comme sobre, sans excès d’alcool. Pour ma copine et moi ça sentait donc plutôt le coca, enfin bon. Je me suis levée pour aller régler l’addition quand je marcha sur le pied d’un homme. Je m’excusais et la conversation s’engagea. Quelques cigarettes plus tard il me demandait un baiser. Ce goujat voulait m’embrasser! Et il insistait! Qu’à cela ne tienne, je lançai ” je t’embrasse si tu me rends saoule”.  C’était sans compter sa témérité… Il me prit la main et au comptoir il commanda 2 pintes de bière brune avec un shooter de Bailey’s dedans. “Ok : si tu finis en premier tu ne m’embrasses pas”. Sous les yeux goguenards de barman, nous avons commencé à boire. J’ai horreur du Bailey’s. J’ai horreur de la Brune. J’ai fini la pinte alors qu’il n’en était qu’à la moitié. “Fuuuuuuck” siffla le barman. Mon adversaire manqua de s’étouffer. Moi j’avais des étoiles devant les yeux. Finalement nous avons fini dans un autre pub où je me suis rendue ivre à la liqueur de café. J’ai fini chez lui. Il vivait dans un magnifique loft : pour un étudiant, la situation peut être pire.

Il m’embrassait, me caressait. Puis dans un sursaut de lucidité me demanda : “mais que font tes parents dans la vie?”. Moi non plus je n’ai pas compris. 

Nous avons baisé dans son lit, sagement. Rien de surprenant. Une baise comparable à un instant de manque d’inspiration dans votre rayon préféré au supermarché. Vous regardez tous ces emballages pensés pour vous faire saliver mais rien ne vous fait envie. Alors, histoire de dire, vous repartez avec une pizza surgelée et vous retournerez faire les courses un autre jour. Voilà. Le lendemain il m’a ramenée chez moi, il était tendu. Puis nous nous sommes revus quelques jours après et une histoire a commencé.

“Miss Bee”, c’était moi. Je le trompais. Quand je n’étais pas avec lui un soir, je couchais avec quelqu’un d’autre. Et quand j’étais avec lui, je lui avouais le plus naturellement qu’il soit que la veille j’avais baisé. Je me fichais de lui, de ses petits plats, de sa super famille mais je me racontais la tendresse. Lui il a cru que Miss Bee se calmerait dans ses bras. Mais en m’arrêtant sur sa fleur, j’ai vu qu’elle était fânée. Prise de nausées, je suis allée butiner d’autres pollens.

Lui, c’est l’autre. Lui c’est celui qui tue Miss Bee chaque fois qu’il apparait. Lui c’est celui qui rend Miss Bee une femme comme les autres. Lui, c’est le seul que Miss Bee n’a pas réussi à baiser. Et vous savez pourquoi je n’ai pas réussi? Parce qu’il était avec une autre fille. Ce qui d’habitude aurait décuplé mon orgasme, ce soir-là, l’adultère m’a rendue froide et sage. Je me suis refusée à lui malgré l’alcool, malgré ses regards, malgré ses mains sur mon pull… Malgré mon amour. Je le voyais déjà le lendemain, mal à l’aise, malheureux, culpabilisant et m’en voulant. Seulement Miss Bee veut rendre tous les hommes malheureux sauf un : Lui.

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Se soumettre – Se cacher – Se regarder.

septembre 8, 2008 at 10:28 (Uncategorized) ()

Je ne sais pas ce qu’est vivre en société dans un état de sobriété parfaite.

Les gens vous regardent, vous toisent. Ils parlent. J’ai peur d’eux. 

Je n’ai plus peur quand je suis cachée derrière mon verre. Un mojito. Une coupe de champagne. Un whisky. Au bout de deux verres ils ne m’impressionnent plus. Je suis forte. J’ai de l’aisance. Au bout de trois verres je suis même belle. Au bout de quatre verres on m’adore. Et quand les bouteilles sont vides, je ris aux éclats, je suis drôle, et les verres continuent de se succéder. Je vole, je rêve, je discute, j’affronte. Et je baise même des fois. Le sexe est alors bon. Les tabous sont noyés. Mon corps boit une tasse de volupté. 

Exquis.

Le réveil a mis des marteaux dans les draps. Il y a un homme à côté de moi qui m’apporte un café. Je vomis. Je rentre chez moi. Dans mon canapé, j’attends que la nuit revienne. La nuit est lâche. Elle se soumet au soleil. La nuit me cache.  La nuit transforme les miroirs.

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Me faire danser.

septembre 7, 2008 at 9:59 (Uncategorized)

Il n’est pas très beau mais assez pour plaire aux filles. Il a de l’argent. Il rejoint chaque week-end son appartement rue poncelet du 17 ème arrondissement de Paris après une semaine éreintante de consultant. Il est envoyé en mission à Strasbourg ou Dubaï indifféremment et logé dans de somptueux hôtels. Puis dès vendredi soir, il rejoint ses amis dans un restaurant chic de son quartier, paye avec son american express, et sort au Pink Paradise dépenser encore de l’argent.

Lui, je l’ai baisé. Lui je l’ai fait tomber amoureux de moi. Lui, il a cru que je resterai à ses crochets. Mais lui, je l’ai quitté quand j’en ai eu marre. Et lui, je lui tends un piège. 

Il m’a dit qu’il était passé à côté de certaines choses en se concentrant sur sa carrière. Il s’en rend compte maintenant qu’il a 27 ans et qu’il gagne bien sa vie. Mais maintenant, lui, il est prêt. Et ce qu’il voulait c’était laisser le choix à sa femme de travailler ou non.

Il a aimé se montrer avec moi dans ses soirées. Moi je passe bien perchée sur mes talons. Moi je suis élégante dans ma robe en soie. Moi je vis dans le quartier le plus cher de Lyon. Moi j’ai reçu l’éducation des religieuses à Paris. Moi, ses copains ils m’aiment bien, ils me trouvent jolie.

Moi je suis une garce. 

Moi je suis une garce brisée.

Moi je suis une garce brisée qui s’en fout.

Moi, je suis une garce brisée, qui s’en fout, et quand elle l’aura piégé, elle l’attirera dans ses draps propres et le baisera jusqu’à ce qu’il s’endorme.

Il tombera amoureux encore. Je serai celle dont il ne pourra plus se passer. Il n’aura pas le temps d’aller voir ailleurs.

Et moi je serai amoureuse ailleurs.

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La pureté.

septembre 3, 2008 at 2:40 (Uncategorized)

          Ce matin avait commencé indifféremment des matins précédents : le réveil qui sonne, heureux d’être réveil, et de sonner si tôt, les quelques rayons de soleil qui s’invitent dans la chambre, les bruits familiers de ceux déjà levés. Elle devait se lever. Elle reculerait juste le réveil de cinq minutes encore. Elle attrapa son portable (divin réveil…). Message. Un. Lui. 

“J’aurais dû t’écrire depuis longtemps. Pardon. Je n’avais pas compris. Chaque fois que je m’approchais, tu reculais.”

Combien de temps déjà? Un an et demi… 18 mois d’absence. 6 mois de silence. Cinq années à tenter d’oublier l’impossible. Cinq années à se voir au coup par coup, quelques heures. Et il suffisait d’une minute pour que tous les souvenirs resurgissent. Ce câlin furtif, ces regards, ces fuites, ses fuites, leurs fuites, cette déception, ces appels, ces départs, ces retours, cette soirée, ce resto, le lapsus, cette angoisse, cette place dans ce tramway ce jour là, ce bar, cette bouteille de vin ce jour d’anniversaire, cette fille, ces hommes… Les images se succédaient à la vitesse d’une pellicule de film.

        Elle l’avait aimé peu à peu. Pas de coup de foudre, ni d’hystérie. Il s’était installé doucement au fond du coeur. Elle était partie à Paris et lui restait à Lyon. Ils se revoyaient souvent. Puis de moins en moins. Elle revint à Lyon. Il allait souvent à Nantes. Pour l’autre. L’autre qui le changeait. L’autre qui le volait. L’autre qui ne le rendait même pas heureux. Et elle qui l’aimait toujours. 

Rien n’avait jamais empêché l’amour de rester. Elle baisait avec les hommes qui l’éloignaient de lui et aimait ceux qui l’en rapprochaient. Elle l’aimait dans son absence. Elle l’aimait dans sa présence. Elle l’aimait pour sa voix, pour ses mots, son esprit, sa beauté, son sourire, ses yeux bleus, sa gravité, ses engagements politiques, ses objections, ses réflexions. Elle l’aimait pour lui. Même quand il était revenu avec quelques kilos de trop, elle l’avait aimé. Même quand il avait amoureux de l’autre, elle l’avait aimé. Même quand il ne répondait pas, elle l’avait aimé.

Quand il l’a trahie, elle l’a aimé encore. Elle l’a haï aussi. Elle avait décidé de tout dire, tout avouer. Il était toujours avec l’autre. Qu’importe. Elle était malade. Malade de vie, malade de tristesse, malade de mélancolie. Les rues pleuraient. Les gens était une injure. Son sang glissait avec peine dans ses veines. Mal à la vie et lâcheté de la mort. Ses muscles s’étaient endormis dans un couffin de douleur et son esprit dans celui du tourment. Elle avait alors écrit. Elle lui avait écrit. Voilà combien elle l’aimait. Voilà combien il lui était impossible de l’oublier. Voilà comme il était le cheval de Troyes qu’elle emportait partout. Aujourd’hui cet amour pesait plus lourd qu’elle. Il était temps d’en finir. Envoyer. Envoyé.

Il l’avait lue. Il l’avait faire lire à l’autre. L’autre qui, dans un excès de rage l’avait insultée, elle. Elle qui voulait en finir n’avait plus répondu. Et lui, il avait écrit “Pardon, je t’écris demain pour t’expliquer” mais ne l’avait pas fait. 

Il n’y avait pas d’amour plus pur sur Terre. Comment aimer quand on ne voit pas? Comment aimer quand on n’entend pas? Comment aimer quand il ne vous renvoie aucune image positive de vous? N’y a t’ il pas d’amour plus pur que celui où l’on n’attend rien en retour? 

 

Ce matin avait commencé indifféremment des matins précédents : le réveil qui sonne, heureux d’être réveil, et de sonner si tôt, les quelques rayons de soleil qui s’invitent dans la chambre, les bruits familiers de ceux déjà levés. Elle devait se lever. Elle reculerait juste le réveil de cinq minutes encore. Elle attrapa son portable (divin réveil…). Message. Un. Lui.

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Une rue. Une rencontre. Des années.

septembre 2, 2008 at 12:01 (Uncategorized)

         Il commençait à faire nuit. Elle sortait de l’appartement des Froncy. L’hiver s’était installé. Il faisait noir dans la rue tant la nuit était déjà profonde. Les passants hâtaient le pas aussi vite qu’ils le pouvaient. Un morosité constante s’échappait de chaque visage. Elle s’engagea dans le métro. Elle attendait sur le quai. La musique dans ses oreilles apaisait son impatience. Le métro rugit son arrivée de loin. Et les portes s’ouvrirent. Lui. C’était lui. Fuir? Affronter? Leurs visages se décomposèrent. Elle baissa la tête. Il la fixait. Il descendit du métro. Les gens autour la bousculèrent pour entrer. Ses pieds s’étaient enfoncés dans l’asphalte l’empêchant de faire le moindre pas. Il restait en face d’elle. Elle priait pour qu’il s’en aille. Le métro hurla son départ. Il restait là, lui. Le quai était désert sinon.

“- Pourquoi?

- …

- Toutes ces années.

- … (Elle hocha la tête)

- Où vas-tu?

- … (les larmes sont fugueuses)

- (un silence)

- … (elle le regarda)

- Pourquoi tu ne parles pas?

- Pourquoi tu n’as pas continué ton chemin?

- Parce que je ne t’ai pas vue depuis des années.

- Justement.

- Tu m’en veux toujours?

- …

- Elle m’a quittée pour “ça”

- On ne quitte pas quelqu’un parce qu’il est aimé ailleurs.

- Cette lettre…

- Tu l’aimes toujours?

- Je ne crois pas.

- Va t’en.

- Je ne voulais pas te trahir.

- Tu m’as trahie.

- Je ne pensais pas…

- Être un soldat au pas du caporal tyrannique?

- ???

- …

- Tu souffres toujours?”

Le métro rugit son arrivée de loin. Et les portes s’ouvrirent. Le mensonge ne parvenait pas à se frayer un chemin dans la gorge brûlée par la vérité. Car pire que murmurait “non”, il aurait fallu avouer “oui”.

Elle monta dans le métro. Les portes se refermèrent.

Il restait en face d’elle. Elle priait pour qu’il s’en aille. Le métro hurla son départ. Il restait là, lui. Le quai était désert sinon.

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