He killed the Bee. Looking at me like I was naked…

septembre 15, 2008 at 9:14 (Uncategorized)

                On m’a surnommée the Bee. “On” = celui qui veut se marier avec moi. Il m’a appelée ainsi mais mon blondinet (le parisien!) a préféré me surnommer Butterfly. Quoiqu’il en soit, la définition reste la même. Je suis un petit insecte volant, butinant de mâle en mâle, et rapportant mon butin de ragôts à ma soeur. Moins joliment dit : je baise un tas de mecs et je raconte par le menu le moindre détail à ma soeur. Je suis d’une inconstance déconcertante, et pourtant je suis le joli petit insecte qui déguerpit au moindre geste brusque, qui intrigue, qu’on suit et qui fuit. Tous les petits garçons aiment capturer ces bêbêtes, les épingler à une feuille cartonnée Canson et les mettre en boîte derrière une petite vitre pour les brandir fièrement à leur mère. Leur mère… Non ça c’est un autre sujet!

Lui, celui qui veut se marier avec moi, est un piètre chasseur. Il a tout réussi… Presque tout réussi. Disons que d’un point de vue professionnel, il a fait un sans-faute désarmant. Il a été éduqué entre une mère catholique modeste et un père juif très riche (richissime était quand même exagéré). Autant dire que ce métissage explosif a fait de lui, outre un grand névrosé forcément, quelqu’un d’ouvert et profond. Et malgré un manque d’humour parfois affligeant, je dois reconnaître que c’est l’homme que l’on imagine parfaitement être très bien reçu dans la belle-famille en tant que gendre. Lui, je l’ai baisé. Je l’ai baisé pour de vrai et là je le baise pour de faux. Je m’explique.

Un soir de Février, je me décidai à sortir avec ma super copine pour boire un verre tranquillement. Direction un pub irlandais du vieux-lyon où ça sent bon la bière. Mais la soirée se présentait comme sobre, sans excès d’alcool. Pour ma copine et moi ça sentait donc plutôt le coca, enfin bon. Je me suis levée pour aller régler l’addition quand je marcha sur le pied d’un homme. Je m’excusais et la conversation s’engagea. Quelques cigarettes plus tard il me demandait un baiser. Ce goujat voulait m’embrasser! Et il insistait! Qu’à cela ne tienne, je lançai ” je t’embrasse si tu me rends saoule”.  C’était sans compter sa témérité… Il me prit la main et au comptoir il commanda 2 pintes de bière brune avec un shooter de Bailey’s dedans. “Ok : si tu finis en premier tu ne m’embrasses pas”. Sous les yeux goguenards de barman, nous avons commencé à boire. J’ai horreur du Bailey’s. J’ai horreur de la Brune. J’ai fini la pinte alors qu’il n’en était qu’à la moitié. “Fuuuuuuck” siffla le barman. Mon adversaire manqua de s’étouffer. Moi j’avais des étoiles devant les yeux. Finalement nous avons fini dans un autre pub où je me suis rendue ivre à la liqueur de café. J’ai fini chez lui. Il vivait dans un magnifique loft : pour un étudiant, la situation peut être pire.

Il m’embrassait, me caressait. Puis dans un sursaut de lucidité me demanda : “mais que font tes parents dans la vie?”. Moi non plus je n’ai pas compris. 

Nous avons baisé dans son lit, sagement. Rien de surprenant. Une baise comparable à un instant de manque d’inspiration dans votre rayon préféré au supermarché. Vous regardez tous ces emballages pensés pour vous faire saliver mais rien ne vous fait envie. Alors, histoire de dire, vous repartez avec une pizza surgelée et vous retournerez faire les courses un autre jour. Voilà. Le lendemain il m’a ramenée chez moi, il était tendu. Puis nous nous sommes revus quelques jours après et une histoire a commencé.

“Miss Bee”, c’était moi. Je le trompais. Quand je n’étais pas avec lui un soir, je couchais avec quelqu’un d’autre. Et quand j’étais avec lui, je lui avouais le plus naturellement qu’il soit que la veille j’avais baisé. Je me fichais de lui, de ses petits plats, de sa super famille mais je me racontais la tendresse. Lui il a cru que Miss Bee se calmerait dans ses bras. Mais en m’arrêtant sur sa fleur, j’ai vu qu’elle était fânée. Prise de nausées, je suis allée butiner d’autres pollens.

Lui, c’est l’autre. Lui c’est celui qui tue Miss Bee chaque fois qu’il apparait. Lui c’est celui qui rend Miss Bee une femme comme les autres. Lui, c’est le seul que Miss Bee n’a pas réussi à baiser. Et vous savez pourquoi je n’ai pas réussi? Parce qu’il était avec une autre fille. Ce qui d’habitude aurait décuplé mon orgasme, ce soir-là, l’adultère m’a rendue froide et sage. Je me suis refusée à lui malgré l’alcool, malgré ses regards, malgré ses mains sur mon pull… Malgré mon amour. Je le voyais déjà le lendemain, mal à l’aise, malheureux, culpabilisant et m’en voulant. Seulement Miss Bee veut rendre tous les hommes malheureux sauf un : Lui.

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